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Notre bébé

#126: Se vernir les ongles

Le superbe dessin qui m’a été offert par Lili bé (à l’occasion d’un jeu-concours qu’elle avait organisé sur son élégant et hilarant blog: 130 cartons à Londres)  m’a inspiré ce post sur le vernis à ongles.

Se vernir les ongles n’est certes pas une exclusivité londonienne mais c’est un sport national ici!

Les anglaises en raffolent et il suffit de voir la densité des “nails shops” et des “nails spa” à Londres pour en être tout à fait convaincu. Il y a même un “nail bar” chez Topshop sur Oxford Street!

Les anglaises portent très fréquemment du vernis sur leurs ongles mais leur originalité par rapport aux françaises, c’est qu’elles en portent de toutes les couleurs possibles à tous les âges et qu’à partir d’avril, il n’y a pas une anglaise qui ne porte de vernis sur les orteils!

Le vernis sur les pieds en France reste relativement marginal. Ici, faites le test vous-même: à chaque fois que vous repérez une anglaise, regardez ses pieds: entre avril et septembre, il y a neuf chances sur dix pour qu’elle porte des tongs ou des sandales et du vernis sur les orteils.

En France, la cible de marché du vernis jaune citron et vert émeuraude à paillettes est la même que celle du biactol et de clearasyl: passé 16 ans, ça ne se fait plus. L’éventail de couleurs tolérées par les françaises va du rose pâle au prune en passant par le rouge Ferrari et c’est à peu près tout.

A londres, bien au contraire, on décline toute la palette de coloris possibles et imaginables et toutes les nanas s’en donnent à coeur joie, quelle que soit leur âge ou leur job. Et même à la City, il est fréquent de voir du bleu roi, du gris métallisé, du rouge corail, du vert pomme ou du cappuccino sur les ongles des tradeuses, consultantes, commerciales, en tailleur et escarpins à talons aiguilles.

Après tout, leur garde robe est en technicolor, pourquoi pas leurs ongles?

Donc, si vous êtes tentées, vous pouvez aller vous faire faire une manucure et/ou une pédicure dans l’un des très nombreux salons de la capitale où vous aurez un choix de couleurs à votre disposition à faire pâlir d’envie Anna Piaggi, ou vous pouvez acheter votre vernis à Londres et l’appliquer vous-même.

En effet, l’autre avantage de Londres par rapport aux villes françaises, c’est l’offre de vernis. La plus grande marque de vernis par exemple, O.P.I, n’est toujours pas distribuée en France (sauf quelques couleurs chez Sephora lors de promotions), alors que vous trouverez un corner avec un salon O.P.I à Selfridges. Cette marque américaine qui a une gamme de couleurs assez incroyable est notamment connue pour les noms complètement délirants de ses vernis. Cela a même inspiré l’un des célèbres monologues d’Ellen de Generes qui introduisent son talk show. Si ces noms renseignent très rarement sur la couleur qu’ils désignent, ils peuvent néanmoins servir à donner le ton de votre humeur (« Who needs a prince? », « Feeling Hot-Hot-Hot! », « Catch me in your net »), refléter votre tempérament (« I only drink champagne« , « I don’t do dishes« ) ou laisser vos interlocuteurs en savoir un peu plus sur vous (« my chihuahua bites« , « I’m not really a waitress« ) … et je pourrai vous les citer tous parce qu’ils sont tous plus marrants et farfelus les uns que les autres.

Le principal concurrent d’O.P.I à Londres est sûrement Nails Inc. London qui a un corner et salon chez Debenhams (sur Oxford Street également) et dont vous pouvez trouver les vernis en vente un peu partout.

Et si vous voulez en savoir plus sur les coutumes vestimentaires des rosbifettes, c’est encore Lili bé qui en parle le mieux, illustrations à l’appui!

#125: Voir et être vu au Old Vic

The Old Vic is the real thing!

 

Petite présentation du Old Vic sous forme de portrait chinois:

S’il était un journal, ce théâtre serait Télérama.

S’il était un comédien, il serait Fabrice Lucchini.

S’il était une radio, France Culture…

Bref, vous avez saisi le profil.

Le Old Vic est un théâtre imposant, situé au croisement de Waterloo Road et de The Cut, dont la façade en stuc rose pâle ne rend pas justice à la beauté intérieure des lieux.

Ce vieux théâtre est une institution à Londres. Il a une histoire formidable. Bientôt bicentenaire, il a été rendu célèbre par Lylian Baylis qui y a fait jouer Shakespeare aux plus grands comédiens du début du siècle dernier. Partiellement détruit par les bombardements allemands en 1940, il rouvre ses portes en 1950. A partir de 1962, le Old Vic abrite la compagnie du National Theatre, dirigée par Laurence Olivier d’abord, puis par Peter Hall, et ce jusqu’à l’inauguration du nouveau théâtre sur la rive sud de la Tamise, à Southbank (à quelques centaines de mètres du Old Vic) où le National Theatre s’installe en 1976.

Après le scandale lors de sa mise en vente en 1998 lors de laquelle il a été question d’en faire une salle de bingo, un pub ou encore un club de lap dance, le lieu renoue avec la gloire avec l’arrivée fort médiatisée de Kevin Spacey à la direction artistique du théâtre en 2003. Aujourd’hui, American Airlines sponsorire le théâtre et a notamment rénové le lounge du Old Vic, en échange de quoi Kevin Spacey prête son image à la nouvelle campagne publicitaire de la campagnie aérienne dans laquelle il vante le confort de la business class, en faisant d’ailleurs un clin d’oeil au théâtre dont on aperçoit la salle principale. La boucle est bouclée.

Depuis, c’est un florilège de productions toutes plus prestigieuses les unes que les autres qui s’y enchainent! La programmation ne fait que dans la first class ;-) . Beaucoup de Shakespeare of course, et aussi quelques pièces d’auteurs contemporains britanniques ou américains très tendance, tels que Tom Stoppard, John Osborne ou Arthur Miller, mises en scène par Spacey lui-même, Edward Hall (le fils de Peter) ou encore Robert Altman.

Les têtes d’affiche sont dignes d’un tapis rouge. Aux comédiens de théâtre anglais renommés (Ian McKellen, Judy Dench) s’ajoutent quelques grands noms d’acteurs habitués aux grosses productions hollywoodiennes, qui viennent acquérir ici leur anoblissement intellectuel. Jeff Goldblum, Neve Campbell et Richard Dreyfuss notamment s’y sont produits. Dernièrement, on y a vu le réalisateur oscarisé, Sam Mendes, mettre en scène deux pièces de Shakespeare dans lesquels jouaient, entre autres, Ethan Hawke et Rebecca Hall ( la fille de Peter Hall et la soeur d’Edward, la boucle est bouclée là aussi. Le show bus’ est un bien petit monde, isn’t it!).

Les spectacles sont de très grande qualité. Les décors y sont très soignés, les lumières arrangées au millimètre, l’acoustique excellente, et les mises en scène généralement sobres et classieuses. Le lieu lui-même est somptueux. La salle de spectacle est superbe, dorures et velours rouges à tous les étages. Le lounge, estampillé American Airlines donc, est lui moderne et design, dans les tons bleus foncés. L’escalier est échelonné de photos en noir et blanc d’artistes sur les planches qui ont donné au lieu ses lettres de noblesse. Le portrait de Laurence Olivier y côtoie ceux de Peter O’toole et de Richard Burton.

Alors, forcément, tant de références intellectuelles, glam et prestigieuses en un seul lieu appellent un public chic, très chic. Et c’est peut-être hors de la scène que se joue le spectacle le plus divertissant. Des brushings figés montés sur de hauts escarpins pointus se bousculent dans l’entrée, au son des discussions à l’accent du West End et des perles de sautoirs qui s’entrechoquent. Vous y verrez des dizaines de chevalières, de bronzages made in Ibiza et de vestes en tweed au mètre carré.

NB: Cela n’empêche en rien le public très chic de laisser tous ses petits pots de glace vides sur le sol en partant comme au cinéma, laissant à la salle de spectacle un air de champ de bataille.

Alors, les tarifs des billets ne sont pas donnés évidemment : entre £20 et £50  en général, mais ils ne sont pas plus chers que ceux des comédies musicales ni des pièces des autres théâtres londoniens au final. La seule différence, c’est que les pièces se jouent pour une durée limitée et que le prix est donc fixe. Il n’y a pas de revendeur proposant de discount sur les spectables du Old Vic. En tout cas, je n’en ai pas encore trouvé! Mais si vous avez un tuyau, faites-en profiter les lecteurs!

Pour plus de renseignements sur l’histoire du théâtre, sa programmation ou pour réserver des billets, c’est ici.

The Old Vic
The Cut
London SE1 8NB
Box Office +44 (0)844 871 7628